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Petite histoire d’un hotel particulier

Un monument historique
Avant de devenir successivement l’Hôtel de Fontenay et ensuite la Maison des Œuvres, la bâtisse qui est souvent présentée comme étant du XVIIIe siècle, était une maison qui faisait partie intégrante des anciennes fortifications du fort de Toussaint construit au début du XIIIe siècle lors de la fondation de la collégiale de Toussaint.
C’est ainsi qu’une des quatre grosses tours du fort était située à l’angle du jardin de l’Hôtel de Fontenay où se trouve aujourd’hui une petite tourelle.
La maison s’appuyait sur le mur d’enceinte tandis que l’ancienne venelle du Vert Galant et la rue du Jardinet étaient d’anciens fossés. Les parties les plus anciennes de la maison qui sont encore visibles de l’extérieur semblent remonter à la fin du XVIe siècle (pentes des toits, anciennes ouvertures, la partie renfermant l’escalier). On suppose que la visite des caves pourrait nous dévoiler des fondations encore plus anciennes.
Cet hôtel a conservé du XVIe siècle son aile arrière renfermant un escalier dit « à la Française », rampe sur rampe, et non en vis, qui a pour inconvénient de prendre beaucoup de place mais d’être cependant beaucoup mieux éclairé grâce à des ouvertures placées sur chaque palier.

Cet hôtel fut remanié plusieurs fois. La première par Monsieur de Saint-Aubin à la suite de son mariage avec mademoiselle Philippe de Beuville, dont le grand-père avait acquis ladite maison vers 1710. Une nouvelle fois au milieu du XVIIIe siècle dans un style Louis XV dit « Rococo » et tout particulièrement la façade du côté cour d’entrée par la famille de Fontenay qui lui donna son nom.
La façade du côté entrée fut entièrement reconstruite en pierres de taille. Avec l’espace dont on disposait, on fit d’un côté une entrée couverte d’un fronton, percée au rez-de-chaussée de portes fenêtres et au premier étage de jolies fenêtres avec des clés et appuis richement décorés de motifs Louis XV suivant le goût du jour. On fit de l’autre côté une aile en légère avancée renfermant un salon de compagnie.
Du côté jardin, une grande salle à manger fut aménagée ouvrant par de grandes fenêtres sur ledit jardin. Un grand poêle en faïence devait occuper la niche qui est encore visible dans le mur du pignon. Un beau décor en stuc demeure sous le plafond tout autour de la pièce.
Cet hôtel resta la propriété de la famille de Fontenay jusqu’au début du XIXe siècle et passa en différentes mains jusqu’à la seconde guerre mondiale avant d’être légué à la paroisse pour devenir la Maison des Œuvres.

La Maison des Œuvres : lieu de vie et de liberté
La Maison des Œuvre, du début des années 1960 et jusqu’à l’année 1966 abrita des classes de primaires uniquement composées de jeunes filles.
Toutes les anciennes que nous avons pu rencontrer en gardent un souvenir très vivant et joyeux. Cette maison des œuvres où elles ont été scolarisées était un lieu de vie et de liberté.

 

Elles témoignent :
« Nous nous sentions un peu en vacances et n’avions pas l’impression d’être à l’école, on aimait travailler, nos maitresses nous ont communiqué la soif d’apprendre et la joie de vivre ensemble ».

« Je garde un souvenir très vif d’une maitresse qui était remarquable dans ses leçons et qui avait une personnalité « solaire » »

« Nous nous sommes même énormément amusées à visiter les souterrains auxquels l’Hôtel donnait accès et à rechercher notamment une robe de Marie-
Antoinette qui y aurait été cachée ! » racontent plusieurs d’entre elles.

C’était donc déjà « NOTRE MAISON » !